Une aventure dans la mode qui commence chez Céline

La Fabrique Esiv

Quand on s’intéresse à ce qui se cache derrière les créations à couper le souffle et les marques chargées d’histoire qui sont l’essence de la mode, on comprend vite que le styliste n’est pas le seul à occuper un rôle clé. De multiples compétences sont nécessaires pour donner vie aux collections. Quels sont ces autres métiers ? Comment y accéder ? Marion Duthoit, jeune diplômée et coordinatrice de production chez Céline, nous explique comment, à l’issue de ses études en école de commerce, elle a rejoint l’une des maisons de mode les plus en vogue au monde.
  • Marion Duthoit, major de la promotion La Fabrique - ESIV 2016 recevant le prix Lectra

1. On pense généralement qu’intégrer une école de mode a pour seul objet l’étude du stylisme. Vous êtes d’un tout autre avis. Pourquoi ?

Pour être honnête, j’ai longtemps pensé la même chose. J’étais convaincue que, pour travailler dans la mode, il fallait être styliste. Mais j’ai progressivement découvert que cette industrie était pleine de gens aux compétences très variées et qu’il se passait beaucoup plus de choses en coulisses que je ne l’imaginais !

 

2. Pour quelle raison avez-vous changé d’avis ?

A la sortie de mon école de commerce, je me suis rendu compte que le marché était inondé d’étudiants avec les mêmes diplômes que moi, postulant pour les mêmes postes. Mais loin de me décourager, j’ai considéré cela comme une opportunité de me spécialiser dans un domaine qui me plaisait : la mode. Le plus difficile était de savoir comment y parvenir.

J’ai alors décidé de suivre les cours à l’ESIV – programme habillement de la FABRIQUE - dont le cursus m’intéressait. L’école s’attache à fournir aux étudiants les outils nécessaires aux rôles de management dans l’industrie du textile et de l’habillement, que ce soit en stylisme, en développement produit, à la production, aux achats ou à la logistique. C’est dans ce cadre que j’ai découvert Lectra, et plus particulièrement les logiciels Kaledo, Modaris et Diamino.

Même si mon objectif n’était pas de devenir modéliste, j’ai beaucoup appris et je bénéficie maintenant des bases de ce métier et du développement produit de façon plus large.

 

3. En quoi votre connaissance des solutions de modélisme de Lectra vous est-elle utile aujourd’hui?

Dans les fonctions que j’exerce actuellement chez Céline, je travaille avec des services qui utilisent ces solutions. Il m’est donc extrêmement utile les connaître quand je collabore avec ces équipes : nous communiquons plus facilement et plus efficacement, parce que je comprends ce en quoi consiste leur travail.

 

4. Parlez-nous de Céline. Comment y avez-vous fait vos premiers pas et qu’y faites-vous aujourd’hui ?

Ma première expérience chez Céline était en alternance au sein du service qualité. Ce service ne se contente pas de contrôler le produit fini, mais est aussi très impliqué dans le processus d’industrialisation. J’y étais notamment chargée des mesures. J’utilisais Kaledo pour réaliser des dessins techniques qui formalisaient la prise de mesures. Cela garantit la cohérence des mesures entre les usines et nos services internes, chez Céline.

Aujourd’hui, je suis coordinatrice de production. C’est un poste à deux volets. Tout d’abord, je veille à la cohérence des nomenclatures (tissus, fournitures) entre la phase de collection où les produits sont réalisés en atelier, et les phases de normalisation et de production en usine.

Lors de la phase d’industrialisation, j’échange avec les fabricants pour suivre leurs besoins en tissu, je veille à éviter toute surconsommation grâce au placement optimisé. Par ailleurs, je supervise la production des pièces destinées à la presse. Je travaille directement avec les ateliers et interviens à différentes étapes de la production (fourniture des tissus et composants, compréhension de l’assemblage, planification des livraisons, etc.)

Au final, beaucoup de communication avec différentes équipes et pas le temps de m’ennuyer !

 

5. Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre rôle ?

Il a été créé récemment, je le fais évoluer au fur à mesure que j’avance. Le plus important, c’est qu’il me permet de travailler avec un grand nombre d’interlocuteurs, ce qui est gratifiant et passionnant.

 

6. Pensez-vous que les étudiants devraient mieux connaître de tels rôles ?

Oui, absolument. J’ai le sentiment qu’on ne parle pas assez de tous ces métiers qui sont indispensables à l’industrie de la mode. Il faut l’intervention d’un grand nombre de personnes pour transformer une idée en esquisse et une esquisse en vêtement, puis le faire arriver en boutique. Toute une variété de diplômes, d’expériences et d’envies professionnelles sont nécessaires pour y parvenir.

 

7. Quel conseil donner aux étudiants attirés par la mode, mais pas forcément dans des fonctions créatives ?

Si vous rêvez de travailler dans la mode mais que vous hésitez en craignant de ne pas y trouver votre place, détrompez-vous ! Si vous êtes curieux et ouvert avec une passion pour la mode, vous y arriverez.

Ne baissez pas les bras !