MARTINA DEVICIENTI: PREMIERS PAS CHEZ MISSONI

NABA

Diplômée de la NABA (Nuova Accademia di Belle Arti Milano), Martina Devicienti se décrit comme une « rêveuse ». C’est grâce à ses modèles innovants et créatifs qu’elle a remporté le prix Lectra du concours 2016 de la NABA.

Les étudiants de dernière année devaient créer une collection s’inspirant du thème « Dolce Stil Novo (Nouveau Style doux) », mouvement littéraire symbolique d’un nouveau regard sur le monde.
Martina s’est vue décerner des licences Modaris et Diamino, ainsi qu’une journée de formation avec un expert Lectra. Elle a également gagné un stage de trois mois chez Missoni, la célèbre maison de mode italienne, cliente de Lectra depuis plus de vingt ans.
Lors de notre dernier entretien, elle nous a raconté le parcours qui l’a menée vers la mode, ses impressions sur son stage chez Missoni, ainsi que ses réflexions sur l’essence du style.

COMMENT AVEZ-VOUS CHOISI D'éTUDIER LA MODE ?

Quelques-uns de mes premiers souvenirs sont associés à la couture, qui me rappelle ma grand-mère, elle-même couturière. Elle cousait depuis l’enfance et m’a transmis sa passion.

J’ai commencé à étudier le stylisme en terminale. Au début, j’envisageais de m’orienter vers l’industrie, mais j’ai réalisé que ce secteur n’était pas fait pour moi. Je me suis donc inscrite à l’institut Morvillo

Falcone pour la mode et l’habillement et c’est là que tout a commencé. Puis j'ai choisi d’intégrer la NABA.

Je suis donc allée à Milan après le lycée. La première année a été assez difficile, mais j’ai fini par m’habituer. La NABA propose deux cursus : stylisme et modélisme. Les deux premières années sont identiques pour les deux programmes et c’est en troisième année que l’on peut se spécialiser. C’est pour ça que j’ai choisi la NABA, parce que je n’étais pas sûre de ce que je voulais faire. Finalement j’ai opté pour le S tylisme.

VOUS AVEZ été STAGIAIRE CHEZ MISSONI. C'étAIT COMMENT ?

Mon stage chez Missoni a été incroyable. Je n’aurais pu rêver mieux pour une première expérience professionnelle ! Je travaillais au bureau de style femme et le directeur de la création était mon maître de stage. Je suis arrivée juste quand les préparatifs de la saison Automne/Hiver 2017 débutaient. J’ai eu de la chance d’arriver au tout début de la collection. J’ai appris à travailler très rapidement ! On n’a pas toujours le temps d’étudier les choses à fond ni d’avancer à son propre rythme : il faut être rapide et respecter les délais. Outre l’environnement de travail où je me suis immédiatement sentie acceptée, j’ai énormément apprécié l’incroyable culture que l’équipe de Missoni m’a transmise en me permettant de participer à tant d’activités différentes. Je découvrais chaque jour quelque chose de nouveau qui venait enrichir mes connaissances personnelles mais aussi s’ajouter à mes « outils de travail ». Ce stage m’a également permis de découvrir ce que j’aimais vraiment faire, professionnellement parlant.

QUEL EST LE PRINCIPAL ENSEIGNEMENT QUE VOUS AVEZ TIRé DE CE STAGE ?

La plus grande leçon que j’ai apprise est qu’il ne faut jamais abandonner avant d’avoir essayé au moins dix fois ! Dans ce secteur, qu’ils soient petits ou grands, les défis doivent tous être acceptés et surmontés.

QU'est-ce que vous aimez de plus dans le fait d'être styliste et de travailler dans la mode ?

Être créative et bénéficier d’une certaine liberté. Plus on est expérimenté en modélisme et en couture, plus on peut être créatif. Pour moi, la créativité c’est quelque chose d’inné. On ne peut pas devenir styliste si l’on n’est pas naturellement créatif. Ce n’est pas une compétence qui s’acquiert. C’est comme construire une maison : si elle n’a pas de fondations, elle ne durera pas. On peut dessiner tout ce qu’on veut sur du papier, mais il faut également s’assurer que ce soit réalisable. J’adore dessiner. Lorsque je crée une collection, j’aime ajouter une touche d’humour, c’est ma façon d’être. Je suis une rêveuse et mes créations me permettent de rêver toujours plus.

en tant que styliste, comment vous tenez-vous au courant des dernières tendances ?

Je suis les tendances sur Internet, dans les journaux et les magazines. Vogue et WWD sont les sites que je regarde le plus. Je ne lis pas de blogs. Ce n’est pas trop mon truc. Je ne pense pas que les célébrités devraient servir de modèles. C’était peut-être justifié avant mais, aujourd’hui, quand on est payé pour porter des vêtements ou qu’on est habillé par quelqu’un d’autre, on n’est pas vraiment soi-même. Elles reflètent des tendances qui leur sont imposées. Ce ne sont pas de vraies icônes de mode. Anna Piaggi ou Iris Van Herpen sont de vraies icônes qui donnent un véritable sens à la mode. Je pense également que le sens du style est quelque chose d’inné. Moi par exemple, je suis créative, mais je n’ai pas un sens inné du style. Je ne me définis pas par mon style, mais plutôt par ma créativité. Je pense que ce sont deux choses différentes.

quels avantages avez-vous tirés des solutions lectra dans votre travail ?

C’est venu progressivement : au lycée, nous utilisions parfois des programmes de CAO. Entre la création et le modélisme, il y avait tant de choses à apprendre que nous ne consacrions pas assez de temps à la CAO à l’école. Mais ces connaissances se sont révélées précieuses dans le cadre professionnel. Lorsque l’on doit utiliser la technologie pour répondre aux besoins des entreprises de mode, il est très profitable de disposer du bon logiciel et de savoir comment s’en servir. Modaris offre par exemple un large éventail de possibilités : il permet de gagner énormément de temps et de simplifier les tâches. Lors de ce stage, j’ai pu observer que le bureau de style et le bureau d’étude qui utilise Modaris, travaillaient en étroite collaboration. Les connaissances acquises dans le cadre de mes cours de stylisme à la NABA, en particulier sur la CAO Lectra, se sont avérées extrêmement utiles.

où pensez-vous ou espérez-vous être dans 10 ans ?

J’espère posséder ma propre marque, une petite entreprise comme Lai, avec une équipe et une production basées en Italie.

 

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